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La
guerre du talent perdure
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| 18
mai 2001 |
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Les
mises à pieds sont à la mode dans le secteur
technologique. Les suiveurs ont encore une fois décidé
de calquer la tendance et leur panique générale
laisse l'économie se bousculer vers un
ralentissement précipité. Mais ces coupures
sont une réalité conjoncturelle et leur passage
momentané ne fait qu'intensifier la chasse au
talent.
Malheureusement, les mêmes dirigeants qui déclaraient
il y a quelques mois que les profits importaient
peu, affirment maintenant que la crise de talent
sest résorbée. Certains dirigeants
d'entreprises en haute technologie de Silicon
Valley prétendent même qu'ils peuvent désormais
engager n'importe qui, n'importe quand.
Plus les temps changent, plus les choses restent
pareilles: qu'il s'agisse de l'arrogance de ces
dirigeants, de leur myopie économique ou de la
prise de conscience quil existe une réelle
pénurie de talent. Dans un article paru dans la
revue électronique Silicon datée du 30 avril
2001, John Olsen, le PDG de Marimba, un
concepteur de logiciel situé à Mountain View,
en Californie, prétend qu'il n'a «aucun problème
à trouver le talent recherché par sa firme».
Il va jusqu'à confirmer que «la pénurie de
talent est une chose du passé et que dans
Silicon Valley on peut désormais engager
n'importe qui.»
Il est vrai que depuis quelques mois, on n'entend
que parler des mises à pieds colossales. 20 000
personnes ont perdu leur emploi chez Motorola, 20
000 de plus chez Nortel, suivi par les 16 500
coupures annoncées chez Lucent, 15 300
d'Ericsson, sans oublier les 8 500 postes abolis
chez Cisco. Toutefois, plusieurs études
confirment que cette réalité conjoncturelle
n'est qu'une correction momentanée puisque ces mêmes
entreprises poursuivent leurs efforts de
recrutement pour combler dautres types de
postes, plus particulièrement en marketing et en
recherche et développement de leurs nouvelles
lignes de services plus rentables et ayant le
plus de potentiel de croissance.
Une forte demande malgré les coupures annoncées
Selon une étude réalisée par la firme iLogos
en collaboration avec Recruitsoft et Andersen, même
les entreprises subissant le ralentissement économique
doivent, pour réussir, conserver leur avantage
concurrentiel en séduisant principalement les
ressources créatives et compétentes afin de
pouvoir offrir des solutions plus novatrices à
leurs clients.
John Reid, le président de la plus grande
alliance dentrepreneurs technologiques au
Canada, mentionne dans un article paru dans le
Journal Les Affaires du 3 mars 2001 que «La
demande de personnel hautement spécialisé
demeure forte même avec le taux actuel de mises
à pied et que le Canada dispose de plus de 50
000 postes à combler en technologie de linformation
seulement.»
Selon Christopher Boone de la firme de recherche
IDC, même à la suite de toutes ces mises à
pieds, notre voisin du sud ne pourra pas remplir
450 000 postes vacants cette année. Et la
situation va s'empirer puisque dès que l'économie
reprendra son souffle, les plus talentueux seront
plus difficiles à joindre et à séduire puisque
la rapidité des changements et des mises à
pieds augmentera le degré de risque perçu pour
les candidats; ils seront moins enclins à
laisser leur emploi pour un nouveau défi. Ces
candidats ont un profil très recherché, mais
ils ont déjà un emploi et ne cherchent pas de
nouvelles opportunités.
Intensification et évolution des efforts de
recrutement
La chasse au talent est donc encore plus intense
puisque, hormis le ralentissement économique nécessitant
une réduction des coûts, la rapidité des
changements technologiques, le vieillissement de
la population, la mondialisation et
l'intensification de la compétitivité des
concurrents, exigent un degré d'effort de
recherche de talent beaucoup plus acharné
qu'auparavant.
Les entreprises doivent aujourd'hui démontrer
qu'elles opèrent une compagnie saine, rentable
et en pleine croissance, afin d'apaiser les
soucis fondamentaux de sécurité des candidats,
en plus de démontrer qu'elles sont de bons
employeurs promettant des défis et fournissant
la possibilité d'accélérer la carrière de
leurs employés.
Les changements dans le marché d'emploi ne font
qu'empirer la pénurie de talent puisque les
candidats les plus recherchés et les plus
talentueux hésiteront encore plus à quitter
leurs emplois actuels, diminuant le bassin de
candidats actifs. Cette réalité ouvre un tout
nouveau volet dans le contexte de recrutement: le
marketing des entreprises ne doit pas plus
seulement cibler les clients et les
investisseurs, mais aussi les employés. Les
recruteurs doivent désormais travailler avec
leur département de marketing et de
communication afin de projeter la bonne image
dans le marché de l'emploi.
Lobjectif est de cibler, de joindre et de séduire
les candidats talentueux. Les agences de
marketing et de communication doivent aussi
repenser leurs activités et ré-outiller leur
bassin de talents pour saisir une nouvelle
opportunité d'aider leurs clients à se
positionner comme des employeurs de choix. |
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